Toulouse : Un restaurateur dépose une plainte pour « corruption et trafic d’influence » contre un conseiller municipal

JUSTICE Un restaurateur toulousain vient de porter plainte contre un élu municipal qu’il accuse de lui avoir réclamé 35.000 euros en liquide

Helene Menal

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L'hôtel de ville de Toulouse, sur la place du Capitole. Illustration.
L'hôtel de ville de Toulouse, sur la place du Capitole. Illustration. — F. Lancelot - Sipa
  • Un restaurateur toulousain vient de déposer plainte pour « corruption et trafic d’influence » contre un élu toulousain.
  • Julien Roumagnac accuse Frédéric Brasilès de lui avoir réclamé 35.000 euros de dessous de table en liquide.
  • Le conseiller municipal a lui même déposé plainte pour diffamation et affirme n’avoir « jamais usé de ces pratiques ».

Julien Roumagnac, un restaurateur toulousain a déposé plainte lundi pour « corruption et trafic d’influence » contre Frédéric Brasilès, l’élu en charge des fêtes et manifestations au Capitole.

Tout part d’une « pool party » annulée dans la moiteur de l’été toulousain, faute d’autorisation municipale. Le 23 août 2019, dans une vidéo postée sur Facebook (et toujours visible), le patron du Caffé Baggio explique pourquoi il renonce à l’événement. Face caméra, il dénonce la « pression énorme » de Frédéric Brasilès, reprochant au passage à ce dernier d’être « un peu le Benalla du Capitole ». Mais il va plus loin en annonçant que l’élu lui a « demandé de l’argent pour la Feria Tolosa », un événement festif qui a eu lieu juillet 2018 sur parking du Zénith, et dont Julien Roumagnac était le coorganisateur.

Plainte contre plainte

La bombe lâchée, Frédéric Brasilès s’est élevé contre « des accusations scandaleuses » et a porté plainte en diffamation contre Julien Roumagnac. Le dossier a donc rebondi ce lundi avec la plainte rédigée à son tour par Julien Roumagnac. « Elle a été déposée auprès du procureur de la République dans un délai qui me semble raisonnable pour ce genre d’affaire, à lui de décider maintenant s’il faut ouvrir une enquête ou pas », indique à 20 Minutes, Jean Iglesis, l’avocat du restaurateur.

Le conseil évoque « plusieurs témoignages » pouvant appuyer les accusations que porte son client, et parle également d’une somme de 35.000 euros pour la corruption présumée. « Cette plainte n’est là que pour répondre à celle que j’ai déposée moi-même », réagit Frédéric Brasilès. « Je condamne fermement tous les agissements de M. Roumagnac, ajoute l’élu. Je n’ai jamais usé de ces pratiques et j’ai d’ores et déjà fait savoir au procureur de la République que je me tenais à sa disposition, avec toutes les preuves de mon innocence ».

Dans cette affaire, qui a surgi à quelques mois des élections municipales, la balle est donc dans le camp du parquet.