Port du voile : Amnesty International déplore le discours du gouvernement

POSITION L’association demande au gouvernement de « mettre en place de véritables politiques ciblées de lutte contre les discriminations »

M.A.

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Une femme portant le voile. (Illustration)
Une femme portant le voile. (Illustration) — V. WARTNER / 20 MINUTES

Quelques jours après la polémique sur le port du voile en sortie scolaire et l’attaque de la mosquée de Bayonne, l’association Amnesty International a dénoncé, ce vendredi, un « climat d’hostilité » et des « discours discriminatoires », ciblant notamment les déclarations du gouvernement.

« Ces dernières semaines, en France, ont été marquées par un climat particulièrement hostile et par des discours discriminatoires à l’égard des personnes musulmanes. Ces tensions ont atteint un point culminant avec la récente attaque d’une mosquée à Bayonne, où deux personnes ont été grièvement blessées », a déclaré Amnesty International dans un communiqué.

Un discours qui « encourage la montée d’actes stigmatisants »

L’association a notamment déploré les propos de Christophe Castaner, le ministre de l’Intérieur, qui avait listé à l’Assemblée nationale « des signaux faibles » de radicalisation, comme la barbe, le port du voile intégral ou la prière ostentatoire. Dans son communiqué, Amnesty a également condamné le vote par le Sénat d’une « proposition de loi visant à exclure des sorties scolaires les personnes qui portent des signes religieux ostensibles ». « AIF condamne sans réserve cette proposition de loi. Si elle venait à entrer en vigueur, une telle interdiction serait contraire au droit international relatif aux droits humains, qui prévoit que toute personne doit pouvoir manifester librement sa religion », a déclaré l’association dans son communiqué.

L’organisation demande que les « autorités françaises veillent à ce que les personnes musulmanes ne soient pas présentées comme un groupe suspect en pointant la pratique d’une religion, pourtant protégée par la loi, comme un risque sécuritaire », estiment que ce « discours fait peser sur les personnes visées un sentiment de suspicion et de rejet. Surtout, il encourage la montée d’actes stigmatisants ou discriminatoires et les violations de leurs droits fondamentaux. »