Attaque à la préfecture de police de Paris : L’absence de contrôle après le mariage de Mikaël Harpon est un « dysfonctionnement », selon Castaner

ENQUETE Le ministre de l’Intérieur a jugé que le mariage de l’auteur de la tuerie de la préfecture de police aurait dû provoquer un nouveau contrôle

20 Minutes avec AFP

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Christophe Castaner, Laurent Lunez, Yael Braun-Pivet.
Christophe Castaner, Laurent Lunez, Yael Braun-Pivet. — Stephane Allaman/SIPA

Christophe Castaner a été auditionné ce mardi. Et devant la commission des lois de l’Assemblée, le ministre de l’Intérieur a donné un exemple des « dysfonctionnements » notés dans la détection de la radicalisation de Mikaël Harpon, l'auteur de la tuerie de la préfecture de police à Paris.

Il s’agit de l’absence de contrôle, dans le cadre de son habilitation secret-défense, de Mikaël Harpon après son mariage en 2014. « Quand on fait une habilitation (pour accéder au secret-défense), on fait l’environnement, donc on fait la famille, donc on fait le conjoint. L’auteur s’est marié en 2014, et cela n’a pas déclenché de nouveau contrôle, a déclaré le ministre. Ça n’était pas inconnu mais, de ce que nous savons, il n’y a pas eu de contrôle. Est-ce que ça aurait changé quelque chose ? Je ne sais pas, mais c’est un dysfonctionnement parmi ceux qu’on peut noter au moment où je vous parle. »

« Une faille grave »

Il est également revenu sur le « signalement informel potentiel en juillet 2015, quelques mois après un commentaire de l’assaillant sur l’attentat de Charlie Hebdo », qui aurait déclaré « c’est bien fait » à deux collègues.

« Il semble, d’après les éléments dont me fait part la directrice du Renseignement de la Préfecture de police, que ce témoignage n’a pas été formalisé et n’est pas parvenu au bon niveau hiérarchique. (…) Si c’est le cas, c’est un dysfonctionnement sérieux, c’est une faille grave, a estimé Christophe Castaner. L’information n’a pas franchi le pas qui permettait de déclencher ce qui aurait dû être déclenché. »

« Une quarantaine d’individus radicalisés au sein de la police »

Interrogé sur la question de la radicalisation au sein des forces de l’ordre, il a évoqué « une quarantaine d’individus radicalisés au sein de la police, et suivis par une cellule spécifique au sein de la DGPN ».

« Pour tous les cas où le risque de radicalisation a été caractérisé de façon suffisante, ces agents ont été écartés », a-t-il affirmé. « La moitié est partie. Il reste 19 ou 20 cas qui sont suivis attentivement, sur lesquels les signaux sont des signaux faibles qui ne caractérisent aucune anomalie pénale mais font l’objet d’une attention particulière », a-t-il ajouté.

Son secrétaire d’Etat Laurent Nunez a précisé que cette vingtaine de personnes « n’est pas des individus radicalisés ». « Ce sont des individus qui ont présenté un signe qui n’est pas caractéristique d’une radicalisation mais suscite une pression particulière », a-t-il souligné.