Violences sexuelles: Les lauréats du Nobel de la paix demandent la fin de l'impunité

SOS Le médecin congolais Denis Mukwege et la Yazidie Nadia Murad ont reçu le Nobel de la paix pour leur lutte contre le viol en tant qu'« arme de guerre »…

20 Minutes avec agences

— 

Nadia Murad et Denis Mukwege ont reçu le prix Nobel de la paix.
Nadia Murad et Denis Mukwege ont reçu le prix Nobel de la paix. — Haakon Mosvold Larsen/AP/SIPA

Les lauréats du Nobel de la paix, le médecin congolais Denis Mukwege et la Yazidie Nadia Murad, ex-esclave des djihadistes, souhaitent que ce prix contribue à lever l’impunité des auteurs de violences sexuelles. Le gynécologue de 63 ans et la jeune Irakienne de 25 ans ont reçu ce lundi à Oslo (Norvège) un Nobel qui leur a été attribué conjointement début octobre pour leur lutte contre le viol en tant qu'« arme de guerre ».

« Ce prix Nobel ne fera pas disparaître les violences, ni les attaques sur les femmes, les femmes enceintes, les enfants, les bébés », a déclaré Nadia Murad à la presse dimanche. « Mais notre objectif, c’est que ce prix ouvre des portes et c’est déjà le cas », a-t-elle ajouté.

« Il faut vraiment que justice soit faite »

Comme des milliers de femmes yazidies, Nadia Murad a été enlevée, violée, torturée et échangée par les djihadistes du groupe État islamique (EI) après leur offensive contre cette communauté kurdophone du nord de l’Irak en 2014. La jeune femme - dont la mère et six frères ont été tués - se bat aujourd’hui pour que les persécutions des siens soient reconnues comme génocide.

« Aucun membre de l’organisation Etat islamique n’a été traduit en justice. Ils ne sont plus en Irak mais nous voyons que les viols se poursuivent en tant qu’arme de guerre, a-t-elle souligné. Il faut vraiment que justice soit faite à un moment ou un autre. » Près de 4.300 Yazidies se seraient échappées ou auraient été rachetées à l’organisation EI mais 2.500 seraient encore portées « disparues », selon la Fédération internationale des droits de l’Homme (FIDH).

« Le début d’un combat »

Denis Mukwege soigne, lui, depuis deux décennies les victimes de violences sexuelles dans l’hôpital de Panzi qu’il a fondé à Bukavu, dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC). La région est en proie aux violences chroniques.

« Dans les conflits armés, (…) la transformation de corps de femmes en champ de bataille est tout simplement un acte inadmissible à notre siècle », a-t-il déclaré. L’homme qui répare les femmes - titre d’un documentaire qui lui a été consacré - dit souhaiter que ce Nobel « ne soit pas considéré comme une victoire en soi » mais plutôt « comme le début d’un combat contre un mal qui ronge notre société : la violence faite aux femmes dans les conflits ».