Municipales 2020 à Bordeaux : Nicolas Florian vise 300.000 habitants (contre 250.000 aujourd’hui), « un non-sens » pour Vincent Feltesse

POLITIQUE Pour le maire actuel de Bordeaux, la ville doit continuer à développer sa croissance démographique mais pour l’ancien conseiller d’Hollande Vincent Feltesse, l’objectif de 300.000 habitants est trop ambitieux, les équipements publics ne suivant pas la production de logements,

Elsa Provenzano

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Aux heures de pointes, les quais de tram sontbondés à Bordeaux.
Aux heures de pointes, les quais de tram sontbondés à Bordeaux. — VALINCO/SIPA
  • Le maire de Bordeaux fixe un cap de 300.000 habitants contre 250.000 aujourd’hui.
  • Le candidat aux municipales Vincent Feltesse estime qu’il ne faut pas continuer dans cette voie puisque les infrastructures publiques n’ont pas suivi lors de la poussée de croissance de ces dernières années.
  • Tous deux parlent d’un rééquilibrage mais l’ancien président de la Métropole l’envisage à l’échelle de l’agglomération et au-delà, en lien avec les villes moyennes de Gironde.

La ville peut-elle encore grossir ? Et à quel prix ? Mardi, lors de sa conférence de rentrée, le maire de Bordeaux a fixé un cap autour de 300.000 habitants, contre 250.000 aujourd’hui. « Je considère que notre ville est équipée, structurée, pour accueillir dans de bonnes conditions 300.000 habitants », a t-il expliqué. Un chiffre qui a fait bondir le candidat déclaré à la course municipale Vincent Feltesse, ancien président de la Métropole bordelaise et ancien conseiller de François Hollande.

Pour Nicolas Florian, la dynamique de croissance démographique doit se poursuivre à Bordeaux puisque gagner des habitants est « un signe de vitalité », dont la capitale girondine a bénéficié plus tardivement que ses voisines de l’ouest Toulouse ou Nantes.

« Les infrastructures n’ont pas suivi »

« En 1995, Bordeaux, comptait un peu plus de 215.000 habitants. Un quart de siècle après, nous sommes un peu plus de 250.000, pointe de son côté Vincent Feltesse, ex-socialiste. La croissance de ces dernières années s’est faite alors que les infrastructures n’ont pas suivi : saturation des transports collectifs, pénurie d’écoles, manque de piscines, insuffisance des locaux pour les associations… »

Pour accompagner cette croissance, le maire de Bordeaux a souligné le « très fort travail de renouvellement urbain en cours » (projets sur les quartiers de la Benauge, des Aubiers) et un déficit sur le logement social qui est en train d’être rattrapé (19 % contre 14 % il y a quelques années alors que l’objectif est de 25 % pour 2025).

Baisser le prix des appartements neufs

« Cette production massive de logements n’a en rien limité la flambée des prix et l’éviction de populations fragiles », observe Vincent Feltesse dans son communiqué. Le maire estime qu’il faut travailler avec les promoteurs et les aménageurs pour aller, dans le neuf, vers 3.000 euros le m2 au lieu de 5.000 euros le m2 aujourd’hui.

Deux visions pour la ville se dessinent. Le maire actuel veut poursuivre la politique des années Juppé, en allant vers une croissance démographique « équilibrée ». Vincent Feltesse pense que « la voie du XXL et de la métropolisation à marche forcée » n’est plus adaptée aux défis d’aujourd’hui et envisage de penser un rééquilibrage à l’échelle de la métropole mais aussi au-delà, en lien avec des villes comme Blaye, Castillon, Libourne, Sainte-Foy etc.