Affaire Epstein : L’accusatrice du prince Andrew dénonce ses « excuses ridicules »

ENTRETIEN Virginia Roberts a répondu aux questions de la BBC deux semaines après l’interview catastrophique du frère cadet du prince Charles, qui lui vaut une mise à l’écart de la famille royale

P.B. avec AFP

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L'accusatrice de Jeffrey Epstein et du prince Andrew, Virginia Roberts Giuffre, dans une interview diffusée par la BBC le 2 décembre 2019.
L'accusatrice de Jeffrey Epstein et du prince Andrew, Virginia Roberts Giuffre, dans une interview diffusée par la BBC le 2 décembre 2019. — BBC / AFP

Pour elle, c’est du « bullshit ». L’accusatrice du prince Andrew dénonce ses « excuses ridicules », deux semaines après l’interview catastrophique qui a poussé le membre de la famille royale britannique à se retirer de la vie publique. « Il sait ce qui s’est passé, je sais ce qui s’est passé. Un seul de nous deux dit la vérité, et je sais que c’est moi », insiste Virginia Roberts, qui affirme avoir été « trafiquée » par Jeffrey Epstein et avoir été forcée à avoir trois relations sexuelles avec le prince Andrew, dont une quand elle avait 17 ans.

Virginia Roberts (épouse Giuffre) a répondu aux questions de la BBC pour l’émission Panorama, diffusée ce lundi soir à 21h, dont plusieurs extraits ont déjà été mis en ligne. « Je supplie les Britanniques de me soutenir, de m’aider à mener ce combat, de ne pas accepter (…) l’histoire d’un abus (sexuel) qui concerne votre famille royale », a-t-elle déclaré. Dans son action judiciaire au civil contre Ghislaine Maxwell, qui s’est achevée par un règlement à l’amiable, elle affirmait avoir été forcée à avoir des relations sexuelles avec Andrew, mais également avec un scientifique du MIT et avec l’agent français Jean-Luc Brunel.

Le prince Andrew entendu par le FBI ?

Virginia Roberts explique avoir été présentée au deuxième fils de la reine Elizabeth II, huitième dans l’ordre de succession au trône, par Jeffrey Epstein et sa petite amie de l’époque, Ghislaine Maxwell, lors d’une virée en boîte de nuit, où le prince l’aurait invitée à danser. « C’était horrible et ce type n’arrêtait pas de me suer dessus », a détaillé celle qui n’avait alors que 17 ans. Le prince Andrew, lui, avait affirmé mi-novembre qu’il était à cette époque incapable de transpirer à cause du stress provoqué par une blessure lors de la guerre de Malouines – des excuses qui ont suscité l’incrédulité dans le milieu médical, alors que ce type de pathologie est en général génétique. L'interview de Roberts a été enregistrée avant celle du prince Andrew.

Le prince Andrew avait également affirmé que l’authenticité de la photo le montrant aux côtés de la jeune fille, son bras autour de sa taille, en compagnie de Ghislaine Maxwell était impossible à établir car il s’agit d’une photo d’une photo. « Mais bien sûr, il dit que son bras est trop long ou ses doigts trop fins, c’est du bullshit (conneries) », assure Roberts. Le mois dernier, elle avait affirmé avoir fourni le cliché original au FBI.

Alors que le prince Andrew s’est retiré de la vie publique – sous la pression de son frère Charles, selon les médias britanniques – il a affirmé qu’il était disponible pour répondre aux questions du FBI. Selon CBS, le département américain de la Justice réfléchit actuellement à cette éventualité, alors que le FBI continue son enquête sur le réseau de Jeffrey Epstein.