Tourisme en Nouvelle-Aquitaine : Une année record portée par des destinations de plus en plus nature

VISITES Porté notamment par une nouvelle clientèle qui investit de plus en plus les territoires ruraux et nature, le tourisme en Nouvelle-Aquitaine va battre des records de fréquentation cette année

Mickaël Bosredon

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Vue du Bassin d'Arcachon depuis la dune du Pilat
Vue du Bassin d'Arcachon depuis la dune du Pilat — Mickaël Bosredon/20Minutes
  • Le littoral néoaquitain est en forte progression et reste l’attrait numéro un de la région.
  • Mais les départements dits « intérieurs » tirent aussi leur épingle du jeu en attirant une nouvelle clientèle.
  • Seule ombre au tableau, le recul des visiteurs britanniques, en raison du Brexit et de la dévaluation de la livre.

En Nouvelle-Aquitaine, tous les voyants ou presque sont passés au vert cette année dans le secteur du tourisme. Le conseil régional et le comité régional du tourisme ont dressé ce jeudi un premier bilan de la saison 2019, avec des chiffres qui ont affolé les compteurs : 32 millions de visiteurs accueillis, en hausse de 4 à 7 % selon les secteurs. Un record.

Conséquence : les enquêtes de satisfaction auprès des professionnels de tourisme n’ont jamais été aussi bonnes : « Pour la haute saison (juillet-août) on atteint des taux de satisfaction supérieurs à 83 %, dont 91 % dans les grandes villes et 86 % sur le littoral, souligne Michel Durrieu, directeur général du comité régional du tourisme. On considère qu’au-dessus de 70 % c’est déjà très bon. »

De très beaux mois de février, juin, juillet et septembre

Qu’est-ce qui explique cette année record ? Evidemment, la météo, rayonnante cette année, a joué un rôle majeur. « Nous avons eu un mois de février exceptionnel avec des températures quasi estivales, si bien que des destinations comme le Bassin d'Arcachon ou La Rochelle ont surperformé, analyse Michel Durrieu. Puis nous avons enchaîné sur un très bon mois de juin, amplifié par un effet canicule fin juin-début juillet : tous ceux qui pouvaient partir en vacances sont partis à ce moment-là, à la dernière minute. En revanche, il y a eu un petit tassement fin juillet, automatiquement. Enfin, nous avons à nouveau connu de bonnes conditions climatiques en septembre. »

D’accord pour la météo. Mais au comité régional comme à la région, on remarque surtout que « la Nouvelle-Aquitaine devient un territoire touristique où l’on vient toute l’année », et si le tourisme se « dégradait » dans la partie intérieure du territoire, « là il est en forte progression. » La clientèle espagnole a ainsi tendance à « remonter à la recherche de destinations fraîches. »

« On n’est pas dépendant d’un seul et unique site »

Ainsi, un seul des 12 départements néoaquitains, le Lot-et-Garonne, est en négatif en ce qui concerne l’hôtellerie. « Globalement nous enregistrons une dynamique forte dans les territoires intérieurs, avec les Deux-Sèvres et la Charente (+ 8,4 %) ou la Haute-Vienne (+ 5 %). Une ville comme Cognac est en train de devenir une vraie destination, car de l’infrastructure s’est créée », souligne encore Michel Durrieu. Le tourisme urbain progresse aussi, notamment sur Bordeaux (+ 12 %).

« C’est très rassurant, note pour sa part Sandrine Derville, vice-présidente du Conseil régional en charge du tourisme, car cela veut dire qu’on n’est pas dépendant d’un seul et unique site. On a la chance d’avoir 12 départements qui ont une offre très diffuse. Cela n’empêche pas d’avoir des grosses têtes d’affiche qui progressent : le Futuroscope (+ 10 % en août), Lascaux (+ 3 % en août), la Cité du Vin (+ 5 % d’avril à août)… »

Le littoral reste le site touristique numéro un de la région

Une nouvelle clientèle investit donc un tourisme plus rural et nature. Ce qui n’empêche pas les départements littoraux d’être eux aussi en forte progression (+ 8 % pour la Gironde par exemple). Et ils concentrent 63 % de part de marché en Nouvelle-Aquitaine. « Les départements littoraux de l’ex-Aquitaine attirent à eux seuls 10 millions de visiteurs, rappelle Sandrine Derville. D’Hendaye à Oléron, le littoral c’est le site touristique numéro un de la Nouvelle-Aquitaine. »

Seule ombre au tableau : « Nous devrions finir l’année avec un recul de 8 % concernant la clientèle britannique, à cause du Brexit et de la dévaluation de la livre, souligne Michel Durrieu. Il va falloir travailler ce point dans les mois qui viennent, notamment avec la Dordogne qui est très touchée par ce recul. Il va falloir compenser. »