Décès du romancier afro-américain Ernest J. Gaines, auteur majeur du « roman du Sud »

LITTERATURE Il avait publié huit romans et de nombreuses nouvelles, dans lesquel il racontait le Sud des Etats-Unis

20 Minutes avec AFP

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Ernest J. Gaines lors de sa remise de la National Medal of Arts par Barack Obama en 2012.
Ernest J. Gaines lors de sa remise de la National Medal of Arts par Barack Obama en 2012. — SIPA USA/SIPAUSA/SIPA

Le romancier afro-américain Ernest J. Gaines est décédé mardi des suites d’une crise cardiaque à l’âge de 86 ans, a-t-on appris vendredi auprès de son éditeur français. Il était notamment l’auteur de Colère en Louisiane, adapté au cinéma par le réalisateur Volker Schlöndorff, et d’Autobiographie de Miss Jane Pittman, considéré comme son chef-d’œuvre.

Il est mort chez lui, à Oscar en Louisiane, dans le sud des Etats-Unis. Ernest J. Gaines était « un géant au regard triste », a réagi son éditrice Liana Levi qui a publié tous ses livres en français.

Huits romans et plusieurs nouvelles

« Du haut de sa stature imposante Ernest J. Gaines remplissait l’espace de ce regard, un regard qui laissait deviner l’enfant qu’il avait été lorsque à l’âge de 9 ans il ramassait des pommes de terre sur les plantations du Sud des Etats-Unis. J’aurais aimé le voir sourire, mais non, l’occasion ne lui en a pas été donnée », a ajouté l’éditrice. Il a publié huit romans et plusieurs nouvelles, disponible en France chez Liana Levi et traduits par Michelle Herpe-Voslinsky.

« Repose en paix Ernest J. Gaines. Disparition de l’immense écrivain américain, témoin de notre condition in(humaine). Relisons son magistral Dites-leur que je suis un homme ou encore son Autobiographie de Miss Jane Pittman », a posté l’écrivain franco-congolais Alain Mabanckou sur son compte Twitter.

Ecrire « son monde »

Ernest J. Gaines est né en 1933 dans une plantation de Louisiane. « Enfant, comme les anciens n’étaient pas allés à l’école, je lisais et écrivais leurs lettres… D’une certaine manière, c’est là que tout est né, je continue à écrire leurs lettres », se rappelait l’écrivain.

À 15 ans, il quitte le Sud pour rejoindre sa mère en Californie. Lecteur des nouvelles de Maupassant et des classiques russes quand il était étudiant, il regrettait que « son monde » ne figure pas dans les livres. Il le mettra donc en scène dans ses écrits, d’abord des nouvelles dans un magazine en 1956, puis plusieurs recueils et romans.

Un Sud en évolution

« Son œuvre est une des rares à dépeindre un Sud en évolution, où le changement est envisageable, où les Noirs de la nouvelle génération s’opposent aux anciens dans une quête résolue de dignité », explique son éditrice française sur son site. L’écrivain était considéré comme l’un des auteurs majeurs du « roman du Sud ».

Il avait reçu le prix de la critique américaine en 1994 pour Dites-leur que je suis un homme. En 2012, le président Barack Obama lui a décerné la Médaille nationale des arts. Il était Chevalier des arts et des lettres en France depuis 2000.